Repenser les méthodes de travail

Repenser les méthodes de travail

mer, 09/18/2013 - 00:04

Assurer un suivi et une formation des enseignants ne pourra suffire à améliorer le système éducatif. En effet, il est important de mettre en avant des relations de confiances entre les professeurs et les élèves d’une part mais aussi, entre les professeurs et les parents d’élèves d’autre part. Dans les systèmes éducatif africains, cette configuration est quasi inexistante et très souvent limitée à une simple rencontre annuelle entre les parents et les enseignants. Or, toutes les études relatives à l’étude sur l’enfant, ont prouvé que l’école représente un support éducatif qui doit être complété par l’implication des parents dans l‘évolution de l’enfant.

 

Ainsi, la vie scolaire, branche de l’éducation impliquant les parents dans l’évolution scolaire des enfants, est inexistante dans beaucoup de pays africains. Même si, cette dernière n’y est pas assez développée, il est important de préciser que des efforts sont souvent effectués notamment lors des conseils de classes. Les conseils de classes des systèmes africains, n’impliquent pas, ou très peu, les élèves et leurs parents. Ainsi, pour apporter plus de crédibilité et de profondeur à la pédagogie du système éducatif il est important de développer la collaboration professeurs-parents, gage d’un suivi régulier de l’élève.

 

Il convient également de repenser toute l'idéologie liée à la notation des élèves. L'échec du système éducatif africain est également dû au fait que les élèves se sentent peu valorisés et perdent rapidement confiance en leurs capacités de réussite. Le système de note-sanction extrêmement sévère n'est pas forcément la meilleure méthode pour amener des enfants en bas âge à de meilleurs résultats. Preuve en est, les systèmes éducatifs les plus performants au monde, ceux des pays d'Europe du Nord, ne pratiquent pas une notation sèche, purement arithmétique, s’étalant de 0 à 20. Les élèves sont évalués tout au long de l'année, sans qu'il n'y ait d'examen explicite. L'accent est mis sur les réussites de l'élève et non sur ses échecs, de manière à l'encourager à s'améliorer. La psychologie de l'enfant est une donnée trop souvent négligée dans les systèmes éducatifs africains en général. L'idéal serait de travailler avec tous les acteurs concernés à une re-modélisation de notre philosophie d'enseignement, et ce surtout pour l'éducation primaire. Tous les spécialistes s'accordent sur le fait que la tranche d'âge la plus importante pour un enfant est de 0 à 6 ans. C'est donc absolument crucial de mettre tous les moyens nécessaires afin d'améliorer l'aspect psychologique de nos méthodes pédagogiques.

 

Enfin, aucune amélioration du système ne pourra être observée si les acteurs directs, c’est à dire les enseignants, ne sont pas écoutés par les plus hautes autorités en charge de l’éducation nationale. En effet, les professeurs, en rapport direct avec les élèves, sont les seuls capables de réellement déterminer les axes d’amélioration de la portée de leur mission. Mettre en œuvre toutes les conditions nécessaires dans le but de développer leur influence dans les prises de décision de l’éducation nationale, par le biais de leurs représentants syndicaux, favorisera une meilleure cohésion entre les professeurs et les élèves.