Bilan chiffré

Bilan chiffré

mar, 09/17/2013 - 23:20

Les autorités du Niger ont a plusieurs reprises adopté des mesures visant à garantir un droit à l'éducation pour tous les jeunes nigériens et ce sans discrimination sociale, raciale, ethnique ou religieuse. En 2010, 50% des nigériens avaient moins de 15 ans, l'éducation primaire est par conséquent un enjeu vital.

Les grandes disparités entre les zones rurales et urbaines font que le Niger présente de nombreux déséquilibres en terme d'éducation primaire. En effet, près de 6 enfants sur 10 inscrits en 2011 habitent en milieu urbain. Cependant, Le Niger a su améliorer sa couverture scolaire au fil des années. En effet, le taux brut de scolarisation au niveau de l'enseignement de base est passé de 37% en 2001 à 67,8% en 2009 et à 79,2% en 2012.

Taux brut de scolarisation (en %) selon les régions entre 2000 et 2011. (4 périodes : 2000-01 ; 2005-06 ; 2009-10 ; 2010-11)


 

La capitale Niamey a le TBS le plus élevé sur les quatre périodes. Le taux le plus faible en 2000-01 et 2005-06 est celui de la région de Zinder avec respectivement 26% et 43%. Sur cette même période toutes les régions ont amélioré leur niveau de couverture scolaire à l'exception de Niamey qui est resté stable, ce qui réduit l'écart entre les taux extrêmes, ceux de Niamey et Zinder, de 72 à 55 points de pourcentage.

Entre 2009-2011 les disparités régionales en terme de TBS se sont réduites de 3 points pourcentage. En effet, en dehors de Niamey, l'écart entre les régions extrêmes est passé de 29,6 à 26,7 points.

Cependant même avec le TBS le plus élevé, Niamey reste la région ayant eu l'amélioration la plus faible avec 15,9 points entre 2000-01 et 2010-11 et Maradi enregistre la meilleure progression en couverture scolaire avec 46,3 points.

Le taux brut de scolarisation primaire (en %) diffère également selon le genre et le milieu où l'on se situe. 

 

Garçons->                                45 / 63 / 81,9 / 84,9

 

En 2000-01 le taux de scolarisation des garçons s'élevait à 45% contre 30% pour les filles et l'écart se maintient toujours au cours des années qui suivent. L'indice de parité filles/garçons évolue lentement en passant de 0,70 en 2000-01 à 0,79 en 2010-11. Cet écart est dû au fait que notre société place la jeune fille au milieu de la famille (mariage précoce, travaux ménagers...) et à la réticence des parents d'inscrire leurs filles à l'école malgré les différentes actions et campagnes de sensibilisation.

De même, l'écart urbain-rural a varié durant les années étudiées. Les zones rurales, qui comptent pour plus de 80% de la population totale, enregistrent un TBS de 70% contre 99,1% pour les zones urbaines en 2010-11 et l'indice de parité est passé de 1,59 à 1,42 entre 2000-01 et 2010-11. L'explication première qui justifie cet écart est la vulnérabilité économique des familles en milieu rural, et la non prise en charge d'enfants en situation de handicap. De plus, il est difficile de stabiliser les enseignants dans des zones rurales et environ 30% des enfants n’étaient pas scolarisés en dépit de la présence d’une école à proximité.

 

La proportion d'élèves au primaire reste essentiellement publique avec 4% des élèves inscrits dans des établissements privés. C'est pour cette raison que la politique de l'école primaire gratuite fut instaurée et que l’État tente de prendre en charge les frais rattachés aux dépenses des matériels scolaires.

 

Le travail des enfants mineurs constitue également un véritable fléau et un immense frein à la scolarisation des enfants. En zone rurale comme en zone urbaine, ce phénomène reste très présent. Cette situation est en partie expliquée par la pauvreté des ménages qui les pousse à détourner leurs enfants des structures éducatives. Ainsi, 57,6% des enfants sont actifs lorsqu’ils sont sans instruction.  Les enfants durant certaines périodes de l'année sont ainsi obligés de quitter les écoles pour aider les parents dans les travaux champêtres. A l’instar des autres pays du Sahel, le Niger est caractérisé par la récurrence de crises d'ordre naturelles. Ainsi, l'impact dévastateur de l'insécurité alimentaire sur l'éducation des enfants est un phénomène réel au Niger. En 2012, la crise alimentaire et nutritionnelle a touché  6.4 millions de personnes soit 38% de la population. En effet, lorsque les besoins alimentaires primaires ne sont pas satisfaits, l'école passe rapidement au second plan des préoccupations. En plus de l'insécurité alimentaire, les inondations, autre phénomène récurent au Niger, qui ont par exemple affecté 520 000 personnes en 2012 constituent également une menace importante pour le maintien d'une scolarité continue. Ces inondations qui détruisent les habitations poussent les familles à se reloger dans les écoles les plus proches, et pour de longues périodes. Les familles sinistrées se préoccupent plus de la reconstruction des habitats détruits que d'envoyer les enfants à l'école. Ces interruptions prolongées de la scolarité ont une incidence certaine sur le développement éducatif des enfants et menacent ainsi de perpétuer le cycle de la pauvreté.