Conditions de la vie étudiante

Conditions de la vie étudiante

mer, 09/18/2013 - 00:24

 

Le secteur de l’enseignement supérieur au Niger fait face à des problèmes de financement, à des installations et infrastructures inadéquates, à des problèmes de qualité et de pertinence des enseignements et à des problèmes d’incohérence entre les besoins du marché du travail et les compétences développées par le système universitaire.

 

La question du financement de l'enseignement supérieur semble être un point essentiel dans toute réforme concernant la qualité et la pertinence de l’enseignement. 21.7%, est le montant du budget national consacré par l’Etat au secteur de l’éducation, dont seulement 14% est destiné au supérieur (fr.unesco.org/institut statistique de l’Unesco). Cette somme, aussi faible soit-elle, est-elle judicieusement investie ? Si nous considérons les conditions d’études et d’enseignement dans les différentes universités nigériennes, la réponse est clairement négative. En effet, la crise de l’enseignement supérieur est dûe à beaucoup de facteurs, comme le manque de moyens pédagogiques, la faiblesse des salaires des professeurs, le manque d'amphithéâtres et de salles de classes pour les étudiants, le faible taux d’encadrement (1 professeur pour 27 étudiants) etc...

 

Tous ces facteurs ont un point commun: l'insuffisance du financement de l'éducation supérieure au Niger qui représentait seulement 4.5% du PIB en 2011.

 

Les universités nigériennes sont affectées par le manque de professionnels qualifiés. Elles sont le plus souvent dans l’incapacité de conserver certains professeurs émérites qui se tournent vers les pays occidentaux. Il existe également un manque évident de personnel technique, administratif et managérial. Cette pénurie de personnel universitaire est accentuée par les mauvaises conditions de travail, les rémunérations peu suffisantes ainsi que les faibles pensions de retraite.

Les inefficacités managériales sont aussi l’un des talons d’Achille du système éducatif. Elles écartent les faibles ressources allouées à l’enseignement supérieur des objectifs fondamentaux tels que l’amélioration de l’accès à l’éducation supérieure, de la qualité des enseignements et de leur pertinence. Les infrastructures sous-utilisées, le faible taux d’encadrement des étudiants, le fort taux d’abandon des études ou de redoublement, et l’allocation d’une grande partie du budget à des dépenses non pédagogiques sont largement liés aux inefficacités managériales.

 

Par ailleurs, on assiste à un déclin de la qualité de  l’enseignement supérieur. Les universités fonctionnent avec des installations surpeuplées et détériorées, avec des ressources pédagogiques limitées et obsolètes, des équipements insuffisants, des programmes d’enseignement archaïques, et une absence de rigueur académique et d'évaluation systématique des performances. Il y a une appréhension générale quant à la pertinence des programmes comme l’illustre la discordance entre les programmes d’enseignement et les exigences du marché du travail. Les institutions sont généralement inefficaces pour inculquer aux étudiants les qualifications reflétant les besoins du marché de l’emploi. Les enseignements professionnels sont le plus souvent dissociés de l’économie locale, les étudiants n’ont pas l’opportunité de développer des compétences techniques ou organisationnelles.

Les faibles budgets ont ainsi conduit à une faiblesse du taux d’encadrement des étudiants, des installations très précaires et des revenus faibles entraînant le départ du personnel enseignant.

 

De plus, l’offre publique de formation est tournée pour l’essentiel vers les formations générales longues dans les filières Lettres, Sciences humaines, Sciences économiques, Gestion, Sciences juridiques et politiques alors que les filières scientifiques restent minoritaires. Les formations professionnelles et techniques courtes sont largement insuffisantes. En effet, les filières scientifiques ne représentent que 34% de l’effectif total des universités entre 2009 et 2010 contre 59% pour les filières générales selon une étude de l’Institut National de la Statistique.