Industrialisation

Industrialisation

ven, 09/27/2013 - 15:51

 

'' Le défi majeur qui se pose aux pays africains est de savoir comment concevoir et mettre en application des politiques efficaces pour promouvoir l’industrialisation et la transformation économique. En dépit de quelques progrès accomplis dans le secteur manufacturier au cours de la décennie écoulée, le continent n’est pas encore parvenu à inverser la tendance à la désindustrialisation qui a caractérisé son changement structurel ces dernières décennies: entre 1980 et 2010, la part du secteur manufacturier dans la production totale s’est rétrécie revenant de plus de 12 % à environ 11 %, alors qu’elle demeurée à plus de 31 % en Asie de l’Est, où les industries à forte intensité de main-d’œuvre ont induit une croissance forte et soutenue et permis de sortir des millions de citoyens de la pauvreté. '' Tirer le plus grand profit des produits de base africains : l'industrialisation au service de la croissance, de l'emploi et de la transformation économique. Rapport de la commission économique pour l'Afrique et de l'Union Africaine. 2013.

 

www.uneca.org/sites/default/files/publications/unera_report_final_french_web.pdf

 

Tous les économistes s'accordent sur le fait suivant : tant que l'Afrique continuera à importer la majeur partie de ses produits de consommation, elle ne pourra prétendre avoir un niveau de développement permettant de garantir un modèle social viable et profitable à tous.

 

A priori, toutes les conditions nécessaires au développement de l'industrie sont présentes en Afrique. Le sous-sol est gorgé de richesses énergétiques exploitables, la population est nombreuse, plus d'un milliard d'africains, et cette dernière est de surcroît extrêmement jeune, donc disposée à travailler. Le marché économique est en plein essor, car tout est à construire dans les pays africains, et quasiment tous les secteurs sont porteurs. Malgré tous ses avantages qui sautent aux yeux, le continent africain est loin d'en tirer le meilleur profit. Les raisons à ce phénomène sont multiples. Il est possible d'en énumérer quelques unes

 

Les accords concernant l’exploitation des richesses énergétiques, signés avec les pays occidentaux ou asiatiques, sont parfois loin d'être équitables. Dans le cas du Niger, le bras de fer opposant la société française Areva au gouvernement nigérien à propos de la revalorisation des prix de vente de l'Uranium reste dans toutes les mémoires.

 

Le marché inter-africain

 

Le marché inter-africain n'est pas assez développé : '' Les marchés régionaux peuvent grandement faciliter la création de liens entre les activités de production locales au sein des pays africains et entre eux. Il est extrêmement difficile d’exporter sur les marchés des pays industrialisés à revenu élevé car leurs facteurs déterminants de succès sont souvent hors de la portée immédiate d’un grand nombre d’entreprises nationales. Les marchés régionaux sont souvent moins exigeants et fournissent aux entreprises nationales des possibilités d’apprentissage en vue de renforcer leurs capacités de production étape par étape. '' Rapport de la commission économique pour l'Afrique et de l'Union Africaine.

 

Enfin, le plus grand frein à l'industrialisation en Afrique est le manque de qualification de sa main d’œuvre. Tous les pays qui prétendent avoir une industrie forte afin de maximiser la production locale des biens de consommation ont une population ayant un certain niveau d'éducation. Tant que ce facteur ne sera pas résolu en Afrique, l'industrialisation restera au statut de ''projet'' et ne sera jamais réalisée. Le faible niveau de qualification de la main d’œuvre et le peu de valeur accordé aux métiers manuels ou techniques dans le continent, font que le manque de ''savoir-faire'' est criant. Ce qui conduit les africains à suivre un cercle vicieux, à savoir, importer toujours plus de produits de l'étranger, plus chers, dans un continent où le niveau de vie moyen est extrêmement bas.