Performances des enseignants

Performances des enseignants

mar, 09/17/2013 - 23:52

Dans l’enseignement de base, les personnels enseignants se décomposent principalement en deux catégories: les enseignants fonctionnaires et les enseignants volontaires appelés contractuels. On note que près de 60%  des enseignants sont des contractuels. Ces derniers sont en très grande majorité titulaires du BEPC ou du Baccalauréat. Certains sont diplômés des écoles normales d’instituteurs et d’autres non. En attendant de trouver un emploi ils se retrouvent alors enseignants sans formation pédagogique efficace et évidemment avec un salaire jugé insatisfaisant. Le nombre de cette catégorie d'enseignants est en constante augmentation avec un taux de 17% en 2000-01 et la proportion des contractuels s'élève à 82% en 2010. 

 

Performances des enseignants et crédibilité du système.


 

On constate aujourd'hui un fort taux d'abandon qui touche près de 3 enfants sur 10 et cet abandon concernait 8,3% des filles contre 5,3% des garçons en 2011. Comme on le remarque, ce phénomène affecte plus les filles que les garçons. Avec environ 39 élèves par enseignant en moyenne, le rapport élèves-enseignant reste plutôt correct pour un pays comme le Niger.

 

L’estimation du salaire moyen des enseignants du primaire au Niger s’établit à 6,4 unités de PIB par habitant. Cette rémunération est relativement élevée au regard de ce qui se pratique dans la sous-région avec un chiffre de 4,1 unités de PIB en moyenne dans les pays d’Afrique comparables. En effet, le coût d’un contractuel est estimé à 4,6 unités de PIB par habitant (sans les cotisations sociales et patronales). Le coût salarial des enseignants contractuels a augmenté de façon très significative au cours des cinq dernières années (plus de 50 %). Cependant les salaires sont jugés comme étant trop bas pour permettre aux enseignants de mener une vie descente d'où le constat des grèves répétées depuis plusieurs années. De plus, l'incapacité de l’État à payer les salaires à temps accentue encore plus les périodes d'instabilité et de mécontentements des enseignants.

 

Performance des enseignants et crédibilité du système

 

L’efficacité d’un système éducatif s'illustre avant tout par les performances enregistrées par les élèves, mais aussi, et surtout, par la crédibilité du corps professoral.  En effet, dans la plupart des systèmes éducatifs,  dit « classiques », le schéma de transmission de l’information relie le professeur et les élèves. Il est donc capital, dans l’intérêt même du système,  que la source de l’information soie fiable.  Ainsi, assurer une formation spécialisée avant même l’intégration des professeurs dans les écoles pourra favoriser la fluidité de la perception des problématiques enseignées aux élèves. C’est en ce sens, que dans les systèmes éducatifs les plus efficaces, un suivi et une approche régulière sont mis en place pour contrôler la qualité des enseignants.

 

 

Dans les système éducatifs africains, de manière générale, un élève connaît  3 principaux examens avant d'entamer des études supérieures représentant chacun, une étape majeure de son cursus scolaire : Ces étapes sont :

1. L’examen de fin d’études primaires

2. L’examen de fin d’études secondaires

3. Le Baccalauréat (Présent dans la plupart des systèmes éducatifs mondiaux)

 

Focus sur le primaire et enjeu à grande échelle.

 

Même si ces 3 étapes marquent différents niveaux du cursus scolaire, il est important de préciser que le plus important pour l’avenir de l’élève et sans doute pour celui de la nation, est la formation initiale. Celle censée apprendre les bases du travail à l’élève. En effet, il a plusieurs fois été démontré qu’en dépit d’une obtention de l’examen de fin d‘études primaires, par un élève aux capacités réellement modestes en classe de CM2,  aucun résultat crédible et fiable aux collège ni même au lycée ne pourra être observé chez ce dernier. D’où l’urgence et la nécessité de renforcer l’attention autour du primaire. Dans beaucoup de systèmes éducatifs, l’administration à plutôt tendance à minimiser cette étape et renforcer d’avantage le secondaire et le supérieur. Or, quelque soit l’investissement déployé dans le supérieur, et le secondaire, des résultats crédibles ne pourront s’observer que ci, et seulement si,  l'éducation primaire sert de base pour armer les élèves pour les cycles suivants.