Samaria 227

Samaria 227

ven, 02/28/2014 - 18:31

L’Afrique est le continent où la situation sanitaire et sociale est la plus préoccupante et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement la plus lente. Croissance démographique sans précédent, insécurité alimentaire, mortalités maternelle et infantile les plus élevées, maladies infectieuses, maladies chroniques, santé mentale, accidents de la voie publique,  pénurie de personnels de santé, effets de la crise économique et financière mondiale : comment répondre à des enjeux aussi complexes qu’intriqués aux effets dévastateurs sur le bien-être et le développement économique et social du continent africain quand parallèlement nous avons autant de problèmes dans le domaine éducatif ? A travers leurs initiatives étudiantes ; Associations et ONG les jeunes ne demandent qu’à prendre la relève aux cotés de leurs ainés là où ils ont commencé. Ici réside une alternative, aux côtés de l’échec dénoncé des politiques de développement.

 

Inégalités d’accès à la prévention et aux soins : Désenclaver les zones rurales.

 

 

 Environ 80 % des médecins sont concentrés dans une ou deux villes dans les pays d’Afrique subsaharienne, laissant à la marge les villages déshérités.  De ce fait, les villageois font d'abord appel aux tradi-praticiens (Par contre, en tant qu’africains, il faut le reconnaitre certains sont des guérisseurs ayant un savoir-faire réel mais il faudrait filtrer les charlatans). Car s’ils ne recouvrent pas la santé, ils vont dans les dispensaires, souvent tenus par un infirmier disposant de quelques médicaments et de peu ou pas de matériel. Après les dispensaires et centres de soins, ces populations rurales vont vers la ville dans l’espoir d’y trouver de meilleurs diagnostics et un meilleur traitement ; mais le manque de moyens pour payer l’hospitalisation et acheter les médicaments limitent leur accès à des soins de santé de meilleure qualité. Pour assurer l’accès large aux soins primaires de santé, des réformes des politiques de santé sont nécessaires.

 

Ces réformes devront être axées sur quatre piliers : la couverture universelle, les prestations de services, la réforme des politiques publiques et l’instauration d’un réel leadership. Un réel leadership car il y a urgence. La situation sanitaire du continent se résume comme suit : c’est sur ce continent que se produisent 70% des nouvelles infections à VIH en d’autre termes, près de 70% des malades atteints de sida dans le monde et donc plus de 90% des orphelins de sida. L’incidence de la tuberculose continue d’augmenter à l’échelle mondiale, du fait de l’augmentation du nombre de nouveaux cas en Afrique. C’est encore ici que se produisent plus de 80% des cas de paludisme du monde, et que le paludisme tue le plus grand nombre d’enfants et de femmes enceintes. Ce n’est pas tout. Les maladies respiratoires et cardiovasculaires, le diabète, le cancer, la sédentarité, le tabagisme, l’alcoolisme, etc. ne sont que quelqu’un parmi la liste de tous les maux qui mettent au défi les autorités et les populations. Pire encore, malgré cette interminable liste de maux, la pénurie des personnels soignants est plus aiguë en Afrique que partout ailleurs. Selon l’OMS, sur les 4 millions de personnels de santé manquants à l’échelle mondiale, il en manque 1 million sur le seul continent africain. Ce qui nous amène à notre deuxième hypothèse : la fuite des cerveaux. 

 

 

Fuite des compétences : Stopper l’hémorragie

 

 

Triste paradoxe : l’Afrique abrite seulement 1,3% des travailleurs de la Santé alors qu’elle porte à elle seule 25% de la charge mondiale de maladies. C’est aussi en Afrique subsaharienne qu’on enregistre 23% des naissances mondiales mais aussi 42% des décès d’enfants dans le monde. La fuite des compétences accentuée et le déficit en ressources humaines est sans contredit une problématique préoccupante dans la santé en Afrique subsaharienne. Et pourtant l’exode des compétences dans le secteur médical se poursuit. Depuis 1990, 20 000 compétences se sont expatriées dans d’autres continents, soit 1 compétence sur 3. Certains n’hésiteront pas de riposter en disant que ceci s’explique notamment par la faiblesse des salaires et le manque de moyens pour la recherche.

 

Certes, c’est justement pourquoi les réflexions devraient viser la mise en place de politiques efficaces et efficientes de rétention du personnel de santé publique. L’exemple du Ghana est très révélateur avec un recrutement massif de médecins ghanéens qui s’est opéré au Royaume-Uni entre 1998 et 2002. Le Royaume Uni a économisé 86 milliards de francs CFA grâce au recrutement de médecins ghanéens. Si des actions concrètes ne sont pas entreprises l’Afrique aura toujours recours à du personnel souvent peu qualifié. A titre illustratif, par exemple, en Afrique subsaharienne 40% des soins obstétriques sont dispensés par un personnel de Santé non qualifié et cette tendance ne va baisser que légèrement d’ici 2015

 

 

Pour conclure, nul besoin de rappeler que globalement, les indicateurs de santé sont très préoccupants en Afrique subsaharienne. Les chiffres mentionnés tout au long de cet article sont plus qu’éloquent. Et pourtant, saviez-vous que plus de 6 millions d’articles sur la recherche médicale sont apparus dans le monde entre 1996 et 2006. Seuls 55 000 articles concernaient l’Afrique et seuls 4000 ont été rédigés en français. L’Afrique meut en silence. Nous espérons qu’au sein de la diaspora africaine nombreuses seront les invitations au débat telle que celle

lancées par le MNDP. Puisse telles générer des réflexions fructueuses et des actes concret sur le terrain.  

Sources bibliographiques : 

  1. La sante en Afrique subsaharienne : panorama, problématiques, enjeux et perspectives. Notes sectorielles, 10 pages, par Performances Management Consulting. http://www.perfcons.com/
  2. Vanraet Yolande, Sante et sida en Afrique – dossier- P.118-142. http://www.recherches-internationales.fr/RI85_pdf/RI85_Vanraet.pdf